Les allergies d’automne

Il est plutôt habituel d’associer les allergies avec le printemps, période durant laquelle la pollinisation des arbres et des herbacées est maximale. Et pourtant, les mois de septembre et d’octobre apportent également leur lot d’éternuements et de larmoiements avec le retour en force de nombreux allergènes différents de ceux du printemps. Alors, même si les foins sont bel et bien coupés, il faut se méfier des allergènes automnaux qui prennent le relais ! Quels sont-ils ? Comment agissent-ils ? Que faire ?

Retour sur les mécanismes d’une allergie

Une allergie résulte d’une hypersensibilité de notre organisme lorsqu’il est confronté à une substance, a priori, inoffensive. Le système immunitaire considère alors, à tort, cette substance (l’allergène) comme agressive. Dans cette première phase, appelée phase de sensibilisation, le système immunitaire produit des anticorps contre cet allergène. La personne allergique ne ressent cependant aucun symptôme. C’est au cours de la deuxième phase, c’est-à-dire lorsque l’individu est de nouveau soumis à l’allergène, que vont se manifester les symptômes. Lors de cette deuxième exposition, les anticorps produits durant la phase de sensibilisation cherchent alors à éliminer cet allergène qu’ils considèrent comme une véritable menace. Ces réactions de défense sont alors à l’origine des symptômes bien connus des allergiques : nez qui coule, éternuements, difficultés respiratoires, démangeaisons, etc.

En effet, au cours de cette deuxième phase, appelée phase de réaction allergique, il y a libération d’histamine et de médiateurs de l’inflammation. Et c’est l’histamine libérée qui est à l’origine de la plupart des manifestations allergiques :

  • Elle obstrue le nez et déclenche la sécrétion de mucus.
  • Elle est à l’origine des démangeaisons, des œdèmes et des érythèmes de la peau.
  • Elle provoque une constriction des bronches.

Quels sont les allergènes d’automne et les symptômes associés ?

Quatre allergènes se distinguent en automne.

  • Les pollens d’ambroisie à feuilles d’armoise

L’ambroisie est une plante qui se répand de plus en plus sur l’ensemble du territoire français, que ce soit en ville ou à la campagne. C’est l’une des plantes automnales dont le pollen est le plus allergène. C’est au cours du mois de septembre que se situe son pic pollinique. Plus de 10 % de la population y seraient allergiques. En région Rhône-Alpes, par exemple, les habitants disposent même d’un dispositif pour signaler leur présence et leur localisation.

Les symptômes sont identiques à ceux ressentis pour les autres pollens : rhinite, écoulement nasal, trachéite, toux, conjonctivite et quelquefois urticaire ou eczéma.

  • Les fruits à coque

L’automne, c’est aussi la saison des noisettes, des amandes, des noix… ! De tous ces fruits dont nous raffolons. Cependant, les allergies à ces fruits représentent, à elles seules, 10 % des allergies alimentaires. De plus, il faut savoir que ces fruits sont utilisés dans la fabrication de nombreux aliments, de plats cuisinés et de produits cosmétiques.

Les symptômes, dans ce cas, sont différents : picotements dans la bouche, gonflement de la langue, difficultés respiratoires et choc anaphylactique dans les cas les plus graves.

  • Les acariens

Avec les températures qui baissent, nous avons moins tendance à aérer et plus tendance à monter le chauffage. Des conditions idéales pour nos petits ennemis, les acariens, qui en profitent alors pour proliférer. Alors, si vous le pouvez, ouvrez grand les fenêtres au moins dix minutes par jour. Les symptômes sont identiques à ceux de la rhinite allergique.

  • Les moisissures

L’automne, c’est également la période où le temps devient plus humide, ce qui favorise l’apparition des moisissures dans nos intérieurs, et notamment dans les endroits sombres et peu aérés (salle de bains, par exemple). Ces petits champignons sont repérables par les petites taches noires qui se forment, et qui libèrent des spores dans l’air. L’inhalation de ces spores, par des individus allergiques, provoque alors des symptômes semblables à ceux de la rhinite allergique.

Comment traiter son allergie d’automne ?

Pour pouvoir traiter un problème, il faut en connaître la cause. Malheureusement, si certaines causes sont identifiables et peuvent donner lieu à des mesures préventives, d’autres le sont beaucoup moins. En effet, les causes des allergies sont le plus souvent environnementales, et sont en grande partie liées au réchauffement climatique et à la pollution, paramètres sur lesquels nous ne pouvons malheureusement pas agir directement. Alors, que faire ?

  • L’éviction totale ou partielle

L’éviction totale consiste, comme son nom l’indique, à éviter tout contact avec l’allergène. Dans le cas des allergènes automnaux, cette solution radicale n’est pas facile à appliquer sauf, peut-être, pour les fruits à coque.

Cependant, quelques gestes simples peuvent limiter l’intensité des crises allergiques :

    • Pour ce qui concerne les moisissures et les acariens : évitez de surchauffer les pièces, bien au contraire, aérez autant que possible. Il existe également des sprays et des purificateurs contre les acariens et les moisissures. Vous pouvez aussi acheter des housses de matelas antiacariens.
    • Pour le pollen, il est recommandé de porter des lunettes de soleil pour protéger vos yeux. Il faut absolument éviter de faire sécher votre linge à l’extérieur pour éviter que les pollens ne s’y déposent.
    • Et quelle que soit l’allergie, vous pouvez également renforcer votre système immunitaire par un apport en probiotiques et en acides gras oméga 3.
  • L’approche médicale

Mais, ces gestes simples ne suffisent malheureusement pas pour de nombreux individus. Il faut alors :

    • Consulter votre médecin qui vous prescrira très certainement des antihistaminiques, tels que AERIUS ou XYZALL, ou un corticoïde tel que NASONEX. Ces médicaments vous soulageront rapidement, mais il faut garder en mémoire qu’ils ne traitent pas la cause. Ils atténuent simplement les symptômes. Aussi, si votre allergie est plus sévère et détériore notablement votre qualité de vie, il faut alors consulter un allergologue.
    • Consulter un allergologue, qui pourra, déterminer l’origine de votre allergie et vous proposer une désensibilisation. Bien que controversée, la désensibilisation est, aujourd’hui, le seul traitement de certaines allergies.

Conclusion

Les allergies sont considérées par l’OMS comme un véritable problème de santé publique. Le nombre de personnes allergiques ne cesse d’augmenter, et aujourd’hui, plus de 30 % des Français en souffrent. N’importe lequel d’entre nous peut devenir allergique, du jour au lendemain, à une substance qu’il supportait encore très bien, la veille encore. Alors si vous manifestez des symptômes évocateurs d’une allergie, ne les laissez pas vous envahir et consultez rapidement un médecin ou un allergologue afin de les soulager.

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